Neo, professeur de shibari à Lyon – Araneo Kinbaku

Semi-suspension de shibari réalisée par Araneo Kinbaku sur Mint à Lyon
© Araneo Morphae – 2026

Se former au shibari à Lyon

Je propose des sessions et des cours particuliers de shibari à Lyon ainsi que des initiations en petit groupe pour découvrir les bases de la pratique dans un cadre pédagogique, inclusif et attentif à la sécurité.

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Mon parcours de shibari

J’ai débuté les cordes en 2019 à Paris après qu’une relation amoureuse m’ait initié. J’étais son modèle à l’époque, mais nous avons rapidement mis fin à notre relation suite à des comportements pas terribles de sa part. Malgré tout ça, les cordes, ça m’a mordu.

Je débutais tout juste ma carrière de dominatrice à Paris, et j’étais spécialisé dans le bondage et la douleur : le shibari, c’était pour moi le mariage parfait.

Juste avant la crise du COVID, j’ai essayé d’amasser le plus d’informations possibles sur la pratique des cordes, en me rapprochant des personnes que je connaissais qui en pratiquaient régulièrement, puis avec mes partenaires de l’époque, on a fréquenté les pratiques libres de l’Atelier Simonet.

Pendant la crise du COVID et le confinement, j’ai écumé les vidéos disponibles en ligne de Shibari Study, les tutoriels Youtube très questionnables en terme de technique… et en m’attachant moi-même.

Quand le confinement a été levé, j’ai repris les cordes avec mes partenaires réguliers. En 2022, j’ai commencé à fréquenter quelqu’un qui habitait à Lyon, et j’ai fréquemment fait des allers-retours entre Lyon et Paris. Avec lui, on allait ponctuellement aux jams de Lyon Shibari.

Puis en 2023, j’ai emménagé à Lyon. J’avais très envie de continuer à apprendre les cordes, et j’ai découvert Coven Cordes. Là-bas, j’ai suivi les cours de Queerbaku et Thaïs et de Miel et Pitaya. C’était super chouette de se remettre aussi régulièrement dans les cordes.

L’association m’a permis de faire plusieurs workshops, de Tamandua Kinbaku, May Dosem et même Gorgone.

Après un an, Coven m’a proposé de moi aussi donner des cours et de m’investir davantage au sein de l’association. Depuis, j’en suis le fier co-président et un professeur résident.

Côté domination, j’ai dû malheureusement écarter cette profession de ma vie en raison de ma transidentité.


Session de shibari par Araneo Kinbaku avec Sam à Lyon

Mon enseignement du shibari

Depuis tout petit, j’ai toujours voulu être prof, et j’ai toujours aimé enseigner. Quand j’étais jeune adulte, je donnais des cours d’anglais à des élèves de tous les âges et j’adorais ça.

Même pendant mes études, la question de la pédagogie ne m’a jamais quitté : j’ai rédigé un mémoire sur la place du jeu dans l’apprentissage, en psychologie du développement.

C’est sur mes recherches dans cette branche spécifique de mes études que je base énormément de mes méthodes pour construire mes cours, mes workshops, quitte à faire bouger les curseurs en fonction du public qui me fait face.

A mon sens, la pédagogie c’est comme le shibari : c’est une technique qui s’adapte, qui se peaufine et qui évolue au fil des années, sans jamais vraiment que son amélioration ne trouve de fin.

Je suis passionné par le fait de transmettre ce qui m’anime, d’accompagner et de faire comprendre, avec bienveillance et humilité. Pour moi, le plus important dans mon rôle de professeur, c’est de savoir reconnaître lorsque je ne sais pas, et de savoir être le plus adapté possible à mes élèves.

Enseigner, c’est accepter de renoncer à certaines relations : je ne fais pas de cordes avec mes élèves, et je n’accepte pas en session des élèves que j’aurais eu en cours à l’association Coven Cordes. Je refuse catégoriquement de franchir la barrière prof-élèves qui s’installe malgré tous les efforts mis en place par certaines personnes pour prétendre que cette barrière n’existe pas et n’implique aucun biais de pouvoir dans les relations.

Enseigner, c’est savoir faire des sacrifices, et c’est protéger ses élèves.


Session de shibari réalisée par Araneo Kinbaku avec S. à Lyon

Mes valeurs dans l’enseignement et le shibari

Je suis une personne ouvertement Queer et transmasculine. Je milite activement pour la représentation des modèles gros, handicapés et trans dans les cordes.

Les rapports de domination et de pouvoir dans le milieu du shibari sont également des sujets qui me sont très chers, autant entre les modèles que les riggers qu’entre pairs.

Enfin, pour moi l’enseignement du shibari ce n’est pas une activité anodine et ça nécessite de l’expérience, et une formation perpétuelle.


Mon style de shibari

Mon style de cordes est à mi-chemin entre le Semenawa (cordes de tourment basées sur l’érotisme autour de la douleur, de la honte…) et l’Aibunawa (cordes caressantes érotiques).

C’est un style plutôt statique et lent qui permet l’exploration de la douleur et de la déformation du corps. Force de mon appartenance à la sexualité BDSM et non-génitale, je suis bondage freak et sadique, j’aime attacher, contraindre parfois jusqu’à l’extrême pour établir la dominance, exhiber et surtout voir.

Pour moi, l’écriture d’une session est quelque chose qui se compose à deux, comme une pièce de théâtre où chacun·e se donne la réplique sans prononcer le moindre mot.

Contrairement à d’autres styles dans lesquels les modèles sont tenus, j’utilise le moins possible mon corps car je préfère passer soit par la corde, soit par mes mains.

Ma manière d’attacher est très influencée par ma petite taille, mes mains hyperlaxes et mes douleurs chroniques, et j’aime transmettre mes astuces pour réussir à se préserver au maximum lorsque notre corps ne coopère pas forcément.

Je me forme continuellement auprès d’attacheureuses qui me parlent, comme Tamandua. A Lyon, je collabore et poursuis ma progression avec Queerbaku avec qui nous partageons énormément de points communs dans notre pratique.

Semi-suspension de shibari réalisée par Araneo Kinbaku sur Sam à Lyon
© Araneo Morphae – 2025